campagne

Publié le par June Prune

J'ai comme l'impression que l'éducation nationale s'est dit : "June Prune elle n'écrit plus, donnons-lui du grain à moudre, elle nous manque tellement. Tiens, on va lui faire une petite campagne de pub où se mêlent sexisme et éducation."

Ils ont réussi.

 

Je ne me prononcerai pas sur les suppressions de postes et les réformes en tout genre. J'essaie toujours, même quand je suis silencieuse, de faire de ce blog un espace différent où on entend autre chose que : "Plus d'argent, moins de travail ! Plus de profs moins d'élèves !". Et donc je ne dirai rien sur le paradoxe Suppressions de postes-Campagne de recrutement.

En revanche sur le message véhiculé par cette campagne, je suis là. La future prof est rêveuse. Le futur prof est ambitieux. Comment un truc pareil a-t-il pu sortir ? En entendant ça à la radio ce matin, j'ai failli recracher mon café. Que le stéréotype sexiste ne saute pas aux yeux de quelqu'un qui n'est pas du tout sensibilisé aux discriminations sexistes, passe encore. En France particulièrement, on n'est pas très en avance sur le sujet, donc je ne suis pas surprise. Mais que parmi tous ceux qui ont créé cette campagne, tous ceux qui l'ont relue, revue, modifiée, approuvée, personne n'ait réagi, cela me met très en colère.

Quant à la vidéo en page d'accueil du site, elle est désespérante. UN prof d'histoire-géo, UNE prof des écoles en maternelle, UN proviseur, UNE conseillère principale d'éducation, UNE infirmière scolaire. Et des blancs, des blancs, des blancs.

Et des clichés et des bons sentiments aussi. Ils n'ont pas pu s'empêcher de parler de "passion pour la matière qu'on enseigne", comme si on en était encore là en 2011. Les futurs profs ne vont donc pas tarder à devenir frustrés et aigris de ne pas pratiquer leur matière, méprisants pour les élèves toujours plus nuls qui n'aiment pas leur matière, et finalement déprimés de ne pas faire le métier qu'on leur avait présenté au départ.

 

 

Clémence va bien.

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