rouge

Publié le par June Prune

J'ai lu Les Liaisons Dangereuses de Laclos quand j'étais ado. Alors bien sûr, on trouve ça génial, une correspondance, mais surtout, ça fait un peu rêver à cet âge-là, et c'est plus funky que La Princesse de Clèves, qui fait rêver aussi, mais qui agace vite.
Ce qui m'a le plus fascinée dans Les Liaisons Dangereuses, c'est la fin, quand Mme de Merteuil est démasquée, et qu'elle reste extérieurement impassible (pas comme cette greluche de SMG dans la niaise adaptation cinématographique, mais je me dois quand même de mentionner l'excellente bande originale). Je crois qu'il est dit que certaines femmes parviennent, en approchant la trentaine, à maîtriser parfaitement leurs réactions.
Et à l'époque je me disais vivement que je sois vieille, j'arrêterai de rougir pour un rien. Bon ben maintenant j'y suis, approchant la trentaine (help !), et je peux dire que je ne maîtrise rien du tout.
Je rougis vraiment pour un rien.
Il suffit que je sois dans la rue et que quelqu'un m'adresse la parole sans que je m'y attende... le nombre de gens qui ont dû croire que j'étais subjuguée par leur beauté... alors qu'en réalité, les gens beaux, ça court pas les rues.
D'ailleurs, même quand je réponds au téléphone, je rougis... le nombre de gens qui ont dû croire que j'entretenais des relations secrètes et taboues avec un mystérieux interlocuteur en langage codé ("oui, il y a une erreur dans le compte-rendu de la réunion, j'ai bien dit que j'étais ok pour cette pétition" : avec l'esprit mal tourné, on peut croire n'importe quoi).
Et le pire, c'est au boulot. Un élève qui donne une bonne réponse, je rougis. Un élève qui se trompe, je rougis. Un élève qui pose une question intelligente, je rougis. Un élève qui pose une question bête, je rougis. Un surveillant moche qui entre dans la classe, je rougis. Un surveillant beau qui entre dans la classe, je rougis.
Bon enfin je vous rassure, les élèves comprennent vite que ça ne veut rien dire, et ils arrêtent d'en parler rapidement. Au bout de quelques semaines, ils préfèrent parler de mes chaussures, de mon manteau ou de mes cheveux. Et du coup quand je les entends, critique positive ou négative, je rougis. On n'en sort pas.

Lundi 9 : Noir Désir, À ton étoile
Mercredi 11 : Emily Loizeau, Le cœur d'un géant
Vendredi 13 : Soko, It's raining outside


It's raining outside I'm crying inside.

Commenter cet article

Philémon 14/11/2009 16:11


Ben c'est comme pour moi. Les femmes me trouvent d'abord intelligent, puis beau, enfin gentil...
En plus, la barbe de trois jours est un grand allié de ceux qui rougissent.
Enfin je dis ça, mais je n'ai jamais rougi, par contre pendant très longtemps d'une timidité maladive envers les femmes... Enfin, toujours, d'ailleurs ;0)


June Prune 14/11/2009 18:44


la barbe, la voila ma solution !


Sarah-Lou 14/11/2009 14:58


Excellent ce post, je crois que j'aurai pu l'écrire! Oh je vais le relire, c'est un régal!


June Prune 14/11/2009 18:32


merci ! :-))))


Shane 13/11/2009 17:39


Bon ben deux points communs d'un coup, moi aussi les Liaisons Dangereuses m'ont fascinées quand j'étais ado, et je rougis pour n'importe quoi. Et quand je suis face à un beau mec, même s'il
m'intéresse pas du tout, je deviens complètement bête.


June Prune 14/11/2009 00:15


Et oui, moi aussi les hommes qui me trouvent intelligente au premier abord sont rarement des beaux mecs ! et hop, un 3e point commun !


un enseignant en maternelle!!! 13/11/2009 12:22


je m'inquiéte : même la premiére fois que je t'ai vu tu n'as pas rougi!!! est ce normal?

je constate qu on a les même références, choderlos de laclos, d'ailleurs qui était militaire et qui a un jour eu le génie d'écrire ce livre! créer du lien comporte toujour des avantages et une
ceratine prise de risque.

je terminerai par summer 81 en force!


June Prune 14/11/2009 00:22


c vrai j'avoue g verdi