poubelle

Publié le par June Prune

Aujourd'hui, on ne pourra pas parler de légèreté.
L'autre soir, j'ai participé à un conseil de discipline, en tant que professeur principale de l'élève. C'est déjà le troisième auquel je participe depuis ces six dernières années. A chaque fois, mais là plus que d'habitude, c'est à la limite du supportable. La configuration de la salle y est pour beaucoup à mon avis. Un grand rectangle de tables de presque 10 mètres sur 5 (j'exagère à peine). L'élève et ses parents sur une largeur, la direction de l'établissement sur l'autre, loin, très loin en face. Les profs, les élèves et parents délégués, sur les deux longueurs, les profs très près du proviseur, c'est-à-dire le plus loin possible de "l'accusé". Oui, on se croirait au tribunal. L'élève souffre, c'est évident. Les parents sont effondrés (un jour je vous dirai ce que je pense de ceux qui disent que les parents de nos jours en ont rien à f**tre... et aussi tous ceux qui disent "de nos jours", sous-entendu c'est plus ce que c'était ma bonne dame). Les profs de l'élève (la plupart) ne rêvent que de l'exclusion définitive, et ça se voit sur leurs visages vengeurs. Les proviseurs pensent à leur carrière qui est mal barrée s'ils font des conseils de discipline tous les quatre matins, et stressent à mort pour ne pas s'écarter des textes officiels qui cadrent le "jugement". Les CPE (la plupart) rêvent d'un monde meilleur où on arrêtera de jeter les gosses à la poubelle.
Et moi, j'ai envie de pleurer de rage et de dégoût.

Il est resté. Exclusion définitive avec sursis. Je n'ai pas pu m'empêcher de sourire. Donc de me faire détester par les quelques collègues qui m'ont vue, puis par ceux à qui on l'a raconté. Et j'ai aperçu le regard satisfait du proviseur qui m'a grillée, et qui trouve que décidément elle est bien cette petite jeune (7e année d'enseignement, 7 ans plus jeune que mes collègues les plus jeunes, verre à moitié vide, verre à moitié plein).

Et pourtant, les conseils de discipline, je suis pour. Parce que, justement, c'est cadré, que l'élève peut être défendu par une personne de son choix, qu'il y a des élus (profs, personnels, parents, élèves) objectifs et extérieurs à "l'affaire".
Et parce qu'il y a pire : le "truc" qu'on fait quand on n'ose pas faire de conseil de discipline. Ça porte des noms différents partout, c'est inventé par chaque chef d'établissement... et il y règne une inquiétante injustice. Sans aucun recours. Effectivement, ce "truc" ne peut pas exclure un élève définitivement. Donc on ne fait des conseils de discipline que si on veut s'en débarrasser. Absurdité du système encore une fois.

Semaine musicale féminine.
Lundi 19 : Claire Denamur, Je me sens nue
Mercredi 21 : Anne Sylvestre, Frangines
Mercredi 21 (devinette cachée dans la réponse à un commentaire) : Pauline Croze, T'es beau
Vendredi 23 : Selah Sue, Raggamuffin


What you see is what you need in the end, what you ever gonna gonna do I dunno.

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crazyprof 23/10/2009 21:47


Trois en six ans,tu as de la chance, j'en ai subi cinq l'année dernière et j'e n suis restée amère, avec un mauvais gout dans la bouche.
Il faut dire que j'étais en prison l'an dernier...
Malheureusement, le seul vrai conseil de discipline auquel j'ai participé montrait les vraien failles du système... et ses limites. En effet, le cas de l'élève en question relevait de la médecine
et non du cadre scolaire...
Biz V.
Malhe


June Prune 24/10/2009 16:29


oui, c'est ça, de l'amertume...