nos jours

Publié le par June Prune

40 cm, c'est la distance minimale obligatoire entre deux lits dans les chambres des enfants en colo. Pour permettre l'évacuation en cas d'urgence. Le moindre animateur stagiaire sait ça. Tout directeur d'ACM (Accueil Collectif de Mineurs) (oui, c'est moche) ("colo, ce serait mieux, "NJH" Nos Jours Heureux, ce serait le top) met un point d'honneur à vérifier les écarts de lits plusieurs fois par séjour, et angoisse toute la dernière nuit, quand les pré-ados sont entassés sur des matelas serrés dans la grande salle, à regarder des films et à se faire des bisous au lieu de dormir.

Chaises non rangées, mêlées de tables dans tous les sens, si possible collées à l'estrade, ou à 2 cm du tableau, si possible plus près du tableau que le bureau lui-même ("hors-jeu" pour la métaphore sportive), la rangée du couloir collée à la rangée du milieu laissant presque 40 cm entre le mur et certaines tables, 40 cm juste là où personne ne passe jamais, 3 cm entre une table et la table de derrière juste là où du monde va passer une heure assis à essayer (ou pas) de travailler, et sera très content de pouvoir transformer l'essai en taquinent son voisin de devant dont les cheveux traînent dans la trousse. Et donc surtout aucune possibilité d'évacuation calme et sûre en cas d'urgence. Ça, c'est une salle de classe quelconque d'un établissement scolaire (oui, c'est moche) ("NJM", Nos Jours Malheureux, ce serait mieux) quelconque. Les proviseurs et autres principaux ont d'autres tâches bien plus nobles que la sécurité.

Des temps de formation sur l'équilibre alimentaire. Des budgets serrés, sauf pour l'eau et les fruits, souvent disponibles à volonté pour les enfants ou les ados. Ça, c'est NJH.
Des voyages scolaires déjà chers où les élèves doivent non seulement payer le voyage des profs, mais aussi emporter de l'argent pour le repas du trajet retour, et aucun budget pour des bouteilles d'eau pendant les excursions. Des profs que ça ne choque pas, et qui n'imaginent pas que des familles ne peuvent pas donner 50 euros ou même 5 euros d'argent de poche pour que leurs enfants s'achètent un coca sur Oxford Street (les mêmes profs qui enseignent en milieu défavorisé depuis plus de dix ans et pourtant ne savent pas ce qu'est la précarité, hurlent avec les loups dans toutes les AG, et défilent avec le NPA à la première occasion). Ça c'est NJM.


Il est très étonné quand on vient chercher un disque, et non récupérer un colis dans sa boutique qui fait aussi relais pour L* R*doute, Fr** et autres. Il est très gentil, très physionomiste, connaît toute la musique du monde, et vous appelle quand votre disque est enfin arrivé. Plastic Soul Records, 93 avenue Ledru-Rollin, 75011.


Victime de la mode, tel est son nom de code.

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Philémon 13/03/2010 14:17


C'est tout simplement de la curiosité pour son prochain, et une vieille habitude de la précarité qui fait que d'un seul coup d'oeil, on devine l'autre à des détails infimes, une gène, un
accoutrement, un regard...
Regarder l'autre, toujours, avant de se regarder soi...


June Prune 13/03/2010 20:58


chaque fois que je rencontre des personnes qui ne s'ouvrent pas aux autres, je suis décue. Je n'arrive pas à m'y habituer, et pourtant il y en a tant.


Shane 10/03/2010 09:14


Ça me rappelle le prof de maths dans mon lycée qui proposait d'acheter les calculatrices en gros pour la classe et qui ne voulait pas comprendre la gène d'une élève qui voulait payer en liquide, et
qui disait pudiquement que son père n'avait pas de chéquier. Il ne comprenait pas qu'on ne puisse pas avoir de chéquier, le papa était interdit bancaire...


June Prune 10/03/2010 17:44


j'ai toujours dit que les profs de math vivent dans leur monde !