intervalles

Publié le par June Prune

"On arrive dans 7 stations en comptant la première", ai-je entendu aujourd'hui dans le bus.

Comment ça, "en comptant la première" ?

L'information importante ici est le temps de transport. Donc le temps entre chaque arrêt plutôt que le nombre d'arrêts. Donc le nombre d'intervalles entre deux arrêts plutôt que le nombre d'arrêts.

Ce n'est pas la même chose. Prenons l'exemple du trajet de Bercy à Place d'Italie sur la ligne 6 du métro parisien :

Bercy  ;  Quai de la Gare  ;  Chevaleret  ;  Nationale  ;  Place dItalie

En moyenne, l'intervalle entre deux arrêts est d'une minute trente.

Donc ce trajet durera environ 4 fois une minute trente, c'est-à-dire 6 minutes.

Or le voyageur du bus, qui aurait dit "5 stations en comptant la première", n'aurait pas pu directement faire le calcul du temps de trajet, et surtout son information n'a pas d'intérêt.

 

Cela m'a fait penser au problème classique des poteaux :

On veut installer des poteaux électriques tous les 10 mètres sur une distance de 500 mètres, de combien de poteaux a-t-on besoin ? (50+1, il ne faut pas oublier le premier poteau).

Cela revient au même lorsqu'on compte le nombre de d*lipranes que l'on peut prendre au cours d'une journée de 16 heures, avec 4 heures minimum entre deux prises (5, bien sûr : à 7h, à 11h, à 15h, à 19h, à 23h).

 

 

Dans le bus parisien, chaque ligne a un numéro et une couleur, il y a des plans détaillés de la ligne, avec le nom de toutes les stations, chaque arrêt est annoncé, sur un panneau défilent les noms de l'arrêt en cours ou du prochain arrêt ainsi que les temps de trajet jusqu'aux stations principales, actualisés en fonction du trafic.

Dans les bus des 4 ou 5 villes de province en Angleterre où j'ai passé des séjours linguistiques, le numéro de la ligne est à peine lisible sur l'abri-bus ou sur le bus lui-même, le plan de la ligne n'existe pas, les horaires de la ligne n'existent pas (et il faut faire la queue bien alignés sous la pluie pour monter, mais c'est une autre histoire).

Les réseaux de bus à peu près partout où je suis allée dans le monde ont un fonctionnement qui se trouverait quelquepart entre les extrêmes cités plus haut.

Et vous, qu'avez-vous remarqué sur les bus de chez vous ou sur les bus de vos voyages ?

 

Mais pour les chauffeurs de bus, je n'ai pas de préférence entre la drague lourde et sexiste des boeufs parisiens, ou les grognements excédés et incompréhensibles des conducteurs et conductrices anglais.

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les cafards 03/09/2011 10:25


aie aie aie ! on n'a jamais été bons en maths ! Bizzz des cafards


June Prune 09/09/2011 22:27



ben pourquoi aie ? C'est pas grave, hein



Philémon 30/08/2011 21:06


Moi, je me lève vers 9 heures, et j'attends souvent au moins une heure avant d'être sûr que le Doliprane s'impose.... Ca fausse les calculs, ça ?
J'ai pas trop de souvenir de chauffeur de bus, mais j'ai un souvenir très précis du conducteur de métro poète, qui accueillait tous les passagers à chaque station d'un "Je suis votre commandant de
bord et je vous souhaite la bienvenue. Notre trajet durera 20 minutes jusqu'à son terminus que nous atteindrons à X heures... Le temps est couvert, la température agréable, et j'espère que vous
passerez un bon moment en notre compagnie".
Ca change le trajet en métro, ça !


macaronde 29/08/2011 09:41


Anecdote de bus:
Malte:

Pour descendre d'un bus, pas de bouton à appuyer.
Au plafond du bus court un fil, sur lequel il faut tirer lorsqu'on veut descendre.
Ce fil est relié à une petite clochette, à cote du chauffeur!
Très sympa...


June Prune 29/08/2011 19:42



ça existe encore des vieux bus comme ça ? C'est super, j'adore l'idée de la clochette ! Je crois que j'ai déjà vu le fil à tirer à Lisbonne ou Porto, mais pas la clochette !



Anya 29/08/2011 09:27


Très intéressant article! La réplique que tu cites fourmille de petits mots qui accrochent et qui interrogent.

Par exemple, "en comptant la première" sonne un peu comme "monter en haut" ou "descendre en bas". Car si on dit "la première" c'est qu'on l'a déjà comptée ;-) Le but recherché était certainement de
dire "la station actuelle compte pour première".

Parfois le fait de compter les stations a une utilité précise: on descend ou monte à une station. Si donc on
souhaite déterminer le moment pour descendre on l'indique en comptant les stations. Quand un groupe de petits enfants (ne sachant pas lire sur le plan ) entre dans une rame de métro on entend les
accompagnateurs leur annoncer: "on descend à la n-ème station...". Ici l'information que l'on cherche à transmettre n'est pas la durée du voyage mais le moment précis pour descendre.

J'aime bien aussi "dans 7 stations". Dans le langage courent le mot "dans" ( au sens "après") n'a rien de précis et, utilisé pour indiquer une durée ou un moment particulier, ce mot implique
souvent des malentendus. "Dans 7 stations" peut tout aussi bien signifier " à la 7-ème" que "à la 8-ème".

En mathématiques, on a souvent l'impression que le discret est en quelque sorte plus simple à percevoir que le continu. Et là on se rend compte que dans la vie courent, exprimer quelque chose à
partir des quantités discrètes (stations, poteaux) n'est pas si facile! Le piège est dans le sens des mots. En langage courent le sens des mots est trop flou. Mais on ne s'en rend pas toujours
compte.


June Prune 29/08/2011 19:41



C'est très vrai, ce que tu dis sur "la première" qui est du coup déjà comptée, je n'y avais pas pensé !


Sur le sens des mots dans langage courant, je pense au "ou", qui est exclusif en français, mais qui signifie "l'un ou l'autre ou les deux" en mathématiques : une mathématicienne vient d'acoucher,
quand on lui demande si c'est une fille ou un garçon, elle répond "oui" !