charlotte

Publié le par June Prune

Pendant que je ne suis pas là (mais pas où, en fait ?), une réponse de Charlotte à la chaîne sur la formation des enseignants.
La bonne adresse du jour reviendra en même temps que moi.
La phrase de fin n'est pas tout à fait tirée d'une chanson...



A. Je ne peux m'empêcher de penser qu'un bon prof doit être exigeant; mais avant tout avec lui-même, sinon, comment pourrait-il exiger quoique ce soit des élèves qu'il a en face de lui? Pour moi qui souhaiterais que mes élèves s'épanouissent dans l'écriture (et beaucoup y sont rétifs, tout en aimant par la suite...) ; je dirais qu'il faut être curieuse, enthousiaste et inspirée pour eux, et par eux. Curieuse car un prof ne saurait être intéressant sans une solide culture générale, et quelques grands penseurs à promouvoir absolument. Mais curieuse aussi pour pouvoir faire face à leurs questionnements qui me dit-on sont souvent déroutants, en dire un peu, mais savoir beaucoup en amont, préaprer les cours dans une conscience enthousiaste de ce que pourra être l'échange, sans s'enticher d'un minutage trop strict comme paraît-il certains inspecteurs le demandent. Etre capable de répondre aux attentes des élèves sans perdre le fil, inspirée et créative pour que l'échange ne se limite pas aux questions-réponses attendues, mais qu'il y ait le plus souvent possible une production commune, qui dans l'idéal ferait sens, avec leur vécu...
Ouch, ça fait que quatre, théâtral(e), également?

B. Toutes les façons de lutter contre la difficulté, et pour ce faire, savoir déjà se mettre dans la peau d'un élève en difficulté. La plupart d'entre nous qui envisageons ce métier ont quelque aptitude il faut l'espérer pour leur matière. Mais il existe entre autres des cours de Français Langue Seconde où les étudiants sont mis face à des textes en serbo-croate par exemple et où on leur demande de se débrouiller! Pour leur inculquer ensuite des méthodes d'approche.
Virginie parlait de la prise en compte  de la dyslexie, délicat, car le diagnostic de dyslexie est bien difficile à poser, et qu'on regroupe souvent sous ce terme des tas d'autres "dys" (orthographie, calculie, praxie...) qui recouvrent des tas de réalités différentes.
Et puis d'autre part, il faut aussi donner à manger aux "précoces", pour qui l'ennui scolaire peut générer l'échec scolaire. En un mot le vrai défi c'est le traitement de l'hétérogénéité. Et là, il faut avant tout être réactif, et en forme!

c. Ce qui s'apprend?
Le yoga, pour être zen devant l'agressivité mais surtout l'imprévu!!!
Ce qui s'apprend par l'expérience, je crois, c'est le regard et la capacité d'écoute. Mais aussi, au fil des ans, ce qui fonctionne et ce qui tombe à plat, enfin statistiquement car on m'a  dit que face à une même activité, deux classes pouvaient réagir de façon diamétralement opposée, mais il y a des valeurs sûres...
Peut-être l'art de la Maïeutique, ou dialogue socratique, qui permet au petit apprenant de découvrir qu'il en sait déjà beaucoup (puiqu'il est capable de raisonner et de réfléchir, enfin on l'espère!)
Un soupçon de théâtralité? (Jouer la colère avant qu'elle ne vous emporte tout à fait, mais aussi avoir les mots pour donner une impulsion à l'échange)

Ce qui ne s'apprend pas...
L'humour et le sens de la répartie, la personnalité. Je n'ai pas aimé , comme élève, les profs qui étaient formatés. Mais j'ai adoré les originaux, ceux qui semblent partir en vrille et qu'on suit volontiers pour se rendre compte après coup qu'on a découvert et appris plein de choses. La capacité à toujours surprendre, aussi?
Je crois que ça s'appelle le charisme, et je doute que ça s'apprenne...






Qu'est-ce que j'ai fait de mon poudrier ? Ah non je l'ai.

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