bambine

Publié le par June Prune

En ce moment je lis le génial Du côté des petites filles d'Elena Gianini Belotti. Un grand classique féministe de 1973, best seller en Italie et ailleurs, sur la détermination des caractères féminins et masculins particuliers dès la petite enfance (et même avant la naissance). Quand le métro arrive à ma station, je ne ferme pas le livre, je continue à lire en marchant jusqu'à ma destination. Peu de livres me passionnent à ce point.

Elena Gianini Belotti commence son chapitre sur les institutions scolaires par l'observation des besoins des enfants. Cela vous semble évident ? C'est que vous n'avez pas récemment parlé d'école avec des profs, ou bien que vous avez parlé d'école avec des gens issus de l'éducation populaire.

L'enfant est une personne sérieuse. C'est un étonnant travailleur, acharné, infatigable, attentif, lucide et précis. Dès l'instant où il vient au monde, c'est un explorateur insatiable, téméraire, curieux, qui se sert de ses sens et de son intelligence comme un scientifique ; toute son énergie est tendue vers la connaissance. [...] Quelqu'un d'aussi intrépide, qui vit avec une telle intensité, mériterait d'être autonome, encouragé, approuvé, admiré inconditionnellement. On devrait lui donner les moyens et le matériel nécessaires à ses explorations, comme on le fait pour un chercheur. Il faudrait aussi le respecter et le laisser en paix. On devrait également lui donner la force de se libérer des liens affectifs familiaux afin qu'il puisse s'ouvrir à des rapports sociaux plus larges.

Et elle explique que ce n'est pas du tout ce que fait l'école maternelle en Italie dans les années 1970. Mais ce n'est pas non plus ce que fait l'école en France en 2011.

 

Appel : je suis désespérément à la recherche de sneakers Veja Taua grises... mais je ne veux pas la semelle blanche, je veux la semelle grise. Je les ai vues, ces pompes, elles existent ! Mais où ? C*mptoir des C*tonniers ne les a plus depuis plusieurs saisons et Veja ne fait apparemment plus que des semelles blanches. Si déjà vous me dites où je peux trouver des Veja femme à Paris, je serais contente. Et si vous me trouvez ces Taua grises, je vous offre un macaron PH de votre choix. Et peut-être même deux.

 

 

La vie ouvre des portes avec ou sans cadenas qui pouvaient sembler closes.

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Philémon 24/03/2011 22:42


J'ai l'impression, sans avoir lu le livre, de l'avoir vécu avec mes enfants. Ca a commencé nourrissons, je les portais face au monde en non face à moi. Puis pour la poussette, ça a été pareil. Je
ne me sens pas propriétaire d'eux, et jamais je n'ai guidé leur vie, j'ai juste approuvé quand ça me semblait être cohérent avec leur personnalité et leurs rêves.
Total, chacun des trois est épanoui, et vit sa vie paisiblement. Et c'est ma victoire.
Moi, mon livre de jeunesse, c'était Libres enfants de Summerhill, ou comment adapter une institution psychiatrique pour le bien-être d'enfants psychotiques.
On était à fond dans l'anti-psychiatrie des années 70.
Comment ça, je fais mon âge ?


June Prune 26/03/2011 22:46



Ah, Alexandre S Neill... J'ai appris plein de choses sur lui (et sur plein d'autres pédagogues) grâce à une collection de DVD dirigée par Philippe Meirieu. Comme Belotti, son travail a 40 ans, mais il fait écho à nos pratiques d'éducateurs
en 2011...



olympe 23/03/2011 18:47


je suis aussi en train de le lire (le relire car je pense l'avoir déja lu quand j'étais étudiante). c'est interessant mais quand même très daté.


June Prune 24/03/2011 21:14



Quand je l'ai commencé, je m'attendais presque à lire un livre d'histoire. Et en fait, je trouve au contraire que vraiment beaucoup de choses sont encore très vraies, malheureusement...