superbienpassé

Publié le par June Prune

Remarque à moi-même pendant un brunch l'autre jour : il y a des filles qui portent un débardeur informe, blanc-gris tâché, troué, bref vieux (pas vieilli exprès, juste vraiment vieux), et qui portent un vernis fade et écaillé, et qui sont quand même sublimes. Genre la serveuse.

Je suis vraiment très contente d'aller en cours tous les jours. Aller en cours, car aller au lycée, bof, il y a plein d'adultes que je n'ai pas envie de voir, et je redoute ces inévitables conversations médiocres entre les casiers, quand j'ai bien d'autres choses à faire que d'entendre des gens se plaindre de "mes élèves".
Pourquoi se plaignent-ils ? J'adore mes élèves. Cette année, je ne sais pas si c'est la chance ou le métier qui rentre, mais je kiffe. J'ai toujours maudit ceux qui aiment à répéter après chaque cours que "ça s'est superbienpassé", du verbe "se superbienpasser". Et voilà que cette année, c'est pour moi que tout se "superbienpasse" tout le temps.
Ils écoutent, prennent des notes, posent des questions, ne sont pas sur la défensive... D'habitude, il y a au moins une ou deux classes dont il faut que je gagne la confiance. Ils se méfient, observent, testent, et finissent par comprendre que je suis là pour qu'ils réussissent, et que je vais faire preuve de bienveillance à leur égard.

"Mes élèves", ce sont les troisièmes. Je suis leur prof principale, donc ce sont "les miens". Enfin bon, ils seraient parfaitement sages, ce serait "les nôtres", à toute l'équipe pédagogique. Mais là il s'agit d'élèves en difficulté, pas ou plus adaptés au système scolaire, qui ont bien autre chose en tête que de suivre le programme. Ils ne savent pas, pour la plupart, ce qu'ils feront l'année prochaine. Et ils savent que toute leur vie se joue cette année, avec la décision du conseil de classe du troisième trimestre comme une épée de Damoclès. Alors souligner le titre en vert et ouvrir le livre à la page 32, c'est le cadet de leurs soucis. Je trouve ça tellement normal.
Donner toute son énergie pendant 55 minutes pour capter leur attention, les intéresser, leur montrer que ce qu'on leur demande est largement à leur portée, leur redonner confiance, c'est fatigant, extrêmement fatigant. Mais c'est normal.


Easy as a kiss we'll find an answer.

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fourmi 21/09/2009 10:05

Ta réputation te précède, chère june prune. Les élèves ils discutent de leurs profs aussi...

June Prune 21/09/2009 22:19


J'ose pas me le dire, mais il doit y avoir de ça... Merci fourmi !